Quand on parle d'entrepreneuriat, on nous fait rêver avec la création d'entreprise. Il existe pourtant une autre façon d'entreprendre, moins médiatisée mais tout aussi passionnante, plus robuste et souvent plus rentable : acheter une entreprise qui tourne déjà.
Dans la création d'entreprise, il y a cette idée qu'à partir d'une intuition géniale, on va bâtir une licorne, révolutionner un marché ou entrer dans une success story. Créer reste pourtant un pari risqué : près d'une entreprise sur 3 n'est plus en activité 5 ans après sa création [1].
Racheter, c'est un choix pragmatique et parfois plus sécurisant quand on a une famille. Mais pour celles et ceux qui auraient peur de s'y ennuyer, sachez qu'à bien des égards, cela demande davantage de courage. C'est le choix de personnes qui aiment développer, optimiser, aller plus vite, et qui trouvent de la créativité dans la réinvention d'une entreprise existante.
Boulangerie Marguerite, Nantes - François-Xavier Lot
Ex-cadre chez Danone, il passe un CAP boulanger et rachète le fonds. Il ferme 2 mois pour tout rénover (100 % maison, levain) ; à l'ouverture, la demande explose. Il double le chiffre d'affaires du précédent propriétaire et passe de 6 à 26 salariés.
Il n'a pas créé une boulangerie. Il lui a offert une nouvelle vie.Une opportunité historique : le marché de la transmission n'a jamais été aussi ouvert
D'ici 2030, 370 000 TPE, PME et ETI vont changer de mains en France [2], portées par une vague de départs à la retraite de dirigeants fondateurs. Beaucoup de ces entreprises sont rentables, installées, parfois centenaires, et cherchent un repreneur.
Autrement dit, elles possèdent déjà ce que la plupart des créateurs mettent des années à construire. Pour celles et ceux qui veulent entreprendre, c'est une fenêtre rare.
Marlette - Thomas Parrain & Vincent Miguel
À peine sortis de leur aventure Nous Anti-Gaspi, ils reprennent au tribunal ce coffee shop en redressement, emporté par le Covid, face à des géants du secteur. Ils gagnent le dossier en mettant leur patrimoine personnel en garantie. Aujourd'hui, Marlette a redémarré : ils ont ouvert un 2e lieu et visent un vrai parc de coffee shops.
Reprendre, parfois, c'est rallumer une enseigne que tout le monde croyait éteinte.Reprendre, ce n'est pas rêver plus petit. C'est bâtir sur ce qui tient déjà.
Pourquoi reprendre une entreprise est souvent le meilleur pari
On sait que réaliser le 1er million est la partie la plus difficile de la création d'entreprise. Cela demande beaucoup de temps, d'énergie et d'investissement.
Quand on reprend une entreprise qui fonctionne déjà, avec ses clients, sa notoriété, son matériel, son chiffre d'affaires, ses équipes et ses process, on entre directement dans une activité qui tourne. Il s'agit de comprendre ce qui fait la force de cette entreprise, de préserver ce qui mérite de l'être et de lui permettre d'entrer dans une nouvelle étape de son développement. Pourquoi repartir de zéro lorsque tant de valeur existe déjà ?
| Créer une entreprise | Reprendre une entreprise |
|---|---|
| Partir d'une idée. | Partir d'une histoire. |
| Tout inventer. | Tout comprendre avant d'agir. |
| Construire une réputation. | Imaginer un projet qui prolonge une histoire. |
| Chercher ses premiers clients. | Apprendre à connaître ceux qui font déjà confiance à l'entreprise. |
| Faire ses premiers recrutements en espérant trouver les bons talents. | Devenir le dirigeant de femmes et d'hommes déjà expérimentés. |
| Créer une culture. | Révéler ce qui mérite d'être conservé... et ce qui doit évoluer. |
| Chercher son marché. | Affiner son positionnement. |
| Créer de la valeur. | Préserver une valeur et la développer. |
Contrairement à ce que l'on imagine souvent, reprendre une entreprise n'est pas une manière plus simple d'entreprendre. C'est une responsabilité, et une autre manière d'entreprendre : une manière qui demande autant de vision, autant d'engagement et parfois davantage d'humilité.
Jay & Joy, fromagerie végétale - César Augier
En juin 2023, il reprend cette pionnière du fromage végétal en redressement : crise listeria, 6 mois d'arrêt de production, image en lambeaux, caisses vides. Il lève 2 M€ en 2 semaines pour crédibiliser son dossier. 18 mois plus tard, l'entreprise est relancée ; en janvier 2025, il rachète un concurrent en liquidation pour accélérer l'entrée en grande distribution.
Sauver une entreprise, c'est déjà entreprendre - en accéléré.Et si les repreneurs n'étaient pas les grands financiers que l'on imagine, mais des gens comme vous ?
Qui sont celles et ceux qui reprennent une entreprise ?
On imagine souvent le repreneur comme un financier en costume qui rachète une société pour développer son patrimoine. La réalité est beaucoup plus diverse.
Les cadres des grands groupes
Il y a celui qui travaille depuis 15 ans dans un grand groupe. Il connaît les comités de direction, les reportings, les réunions où chacun attend la validation du mille-feuille hiérarchique. Un jour, il réalise qu'il ne veut plus passer sa vie à exécuter la vision de quelqu'un d'autre. Il veut construire la sienne, parce qu'il préfère avoir un impact concret sur 50 personnes plutôt que de rester un N+1.
Le consultant
Il a vu, depuis longtemps, de nombreux chefs d'entreprise. Et, à force, il se dit qu'il pourrait le faire, qu'enfin il serait écouté et réellement plus impactant.
Les serial repreneurs
Il y a les dirigeants qui ont déjà racheté une entreprise et qui ont besoin d'un nouveau défi, ou de s'engager encore pour l'emploi. Alors ils s'organisent pour en reprendre d'autres.
Les transmissions familiales
Il y a les enfants qui rêvaient d'autre chose, mais qui, au moment de l'arrêt de l'activité de leur parent, veulent s'engager dans la préservation du capital.
Les jeunes
Généralement poussés par une culture familiale entrepreneuriale, ils pensent d'abord à créer, mais finissent par trouver une activité qui les fait rêver : une boulangerie, une entreprise industrielle, un atelier ou une PME de services qui existent déjà.
Idea Industries, tôlerie fine - Jean Dussetour
Après 3 startups tech, il pivote à 49 ans vers la métallurgie et reprend cette pépite qui fabrique pour l'EPR2 et Ariane 6. Sans être ingénieur, il fait « tapis » en s'exposant personnellement, convainc le cédant de réinvestir à ses côtés et transforme ses cadres en actionnaires.
On ne reprend pas une usine avec un diplôme. On la reprend avec un engagement.Vous ne rachetez pas seulement une entreprise. Vous reprenez un écosystème humain.
Un enjeu de société
Des centaines de milliers d'entreprises devront être transmises dans les prochaines années alors qu'elles sont vitales. Derrière chacune d'elles, il y a des emplois, des savoir-faire, des clients et une place essentielle dans la vie de nos territoires. C'est grâce à elles que l'on construit nos maisons, que l'on mange, que l'on vit. Si personne ne les reprend, ce sont des emplois qui disparaissent, de la délocalisation qui s'installe et certains concurrents qui se retrouvent en situation de monopole.
La reprise d'entreprise n'est donc pas seulement une opportunité entrepreneuriale. C'est aussi un enjeu collectif. En reprenant une entreprise, vous contribuez à faire vivre l'économie locale, à préserver les emplois et à maintenir une certaine qualité de vie française. C'est sans doute l'entrepreneuriat le plus utile pour nos territoires.
Mais attention, ce n'est pas l'eldorado : vous aurez des défis à relever. L'erreur classique consiste à regarder une reprise uniquement à travers son bilan : du matériel, un local, un fonds de commerce... alors que la vraie valeur réside dans le capital humain, celui qui produit. Par exemple, dans beaucoup de transmissions, la première inquiétude des salariés n'est pas leur salaire : c'est de savoir si leur futur dirigeant comprendra leur métier. C'est l'actif le plus précieux d'une reprise.
La manière dont ce capital humain est considéré détermine la réussite ou l'échec de la reprise. Bonne nouvelle : les entreprises reprises résistent mieux que les créations pures [1]. Mauvaise nouvelle : quand une reprise déraille, ce n'est presque jamais une question de chiffres. Le défaut de préparation et l'intégration humaine figurent en tête des causes d'échec identifiées par les spécialistes de la transmission [3].
La question n'est peut-être pas « Ai-je une idée suffisamment originale pour créer une entreprise ? » mais plutôt : existe-t-il déjà une entreprise qui mérite d'être reprise, développée et emmenée plus loin ?
Reprendre intelligemment, c'est aussi auditer les femmes et les hommes
Racheter plutôt que créer reste, dans la majorité des cas, le pari le plus solide, à une condition : sécuriser la dimension humaine avec la même rigueur que les chiffres et le juridique. C'est exactement le rôle de la due diligence humaine réalisée par La Fusac. Avant la signature, nous rendons visibles les dépendances critiques, les flight risks et les fragilités culturelles, afin que vous repreniez votre entreprise en conscience.
INEDI, édition logicielle - Jean-Sébastien Leleu
Après un échec en startup, il rachète une première boîte, y prend goût, puis enchaîne 5 acquisitions successives. Il casse les silos, fusionne les entités et bâtit un groupe de 70 personnes, devenu fournisseur privilégié des ministères et des communes.
Racheter, encore et encore : à chaque fois, ce sont les équipes qui font la différence.Finalement, est-ce que les héros de demain ne seront pas des repreneurs d'entreprise ?
Comment sécuriser sa reprise d'entreprise ?
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- Comment faire lorsque deux employés clés démissionnent au bout de quelques semaines ?
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Questions fréquentes
Vaut-il mieux racheter ou créer une entreprise ?
Est-il moins risqué de reprendre une entreprise que d'en créer une ?
Qu'est-ce qu'on rachète vraiment dans une entreprise ?
Quand faut-il auditer le capital humain d'une cible ?
Combien coûte le rachat d'une entreprise ?
Faut-il acheter ou créer une entreprise ? Dans la majorité des cas, racheter une entreprise qui tourne déjà est le pari le plus solide : chiffre d'affaires, clients, équipes et savoir-faire existent déjà, là où une création doit tout construire. La condition d'une reprise réussie : sécuriser le capital humain avec la même rigueur que les chiffres et le juridique, avant la signature.
- Insee, « Entreprises créées en 2018 : 69 % sont encore actives cinq ans après leur création » (Insee Première n° 2070) et « huit sur dix sont encore actives trois ans après leur création » (Insee Première n° 1962). insee.fr/fr/statistiques/8634190
- Bpifrance Le Lab, « Transmission en France : un marché de 370 000 entreprises d'ici 2030 » (2025), étude menée avec CCI France, CMA France et le C.R.A. lelab.bpifrance.fr
- C.R.A. (Cédants et Repreneurs d'Affaires) & Bpifrance, travaux sur les causes d'échec des reprises (défaut de préparation, intégration humaine). cra.asso.fr

